G : La peur

Je suis en train de lire un livre qui s’intitule « Se libérer du connu » ou en anglais « Freedom from the known », c’est un livre qui regroupe quelques pensées du philosophe indien Krishnamuriti. Pour la plupart d’entre nous, les pensées recueillies dans ce livre sont révolutionnaires même si au fond de nous, elles ne sont pas complètement étrangères. En cette veille de Noël et de l’année 2015, je voudrai apporter ici quelques extraits de ses pensées qui m’ont touchés et me donnent un guide en ces périodes difficiles pour tous.

Avant tout, notre société est basée sur la peur, peur de terroristes, peur du lendemain, peur des voleurs, peur de la guerre, peur d’éduquer nos enfants, peur de perdre son emploi, peur de se retrouver à la rue, peur de …, c’est par la peur que les élites gouvernent les peuples, c’est par la peur que les parents élèvent leurs enfants, c’est par la peur que les salariés sont maintenus dans leur poste par l’employeur, c’est par la peur que les élèves sont préparés pour affronter leur avenir, c’est par la peur que les politiciens sont maintenus, peur d’être démasqués ou d’être mis au ban de la société. Bref, la peur est un outil de contrôle fantastique que les élites maîtrisent à merveille pour nous soumettre et il faut reconnaître que cela marche très bien ! L’idée de base est de créer un problème et d’apporter une solution, le problème engendre la peur auprès de la population et celle-ci accepte toute solution que les élites proposent et ainsi le contrôle sur la population devient plus efficace et les libertés deviennent moindres, comme les élites détiennent les médias, ils peuvent grossir une affaire banale et la transformer en une catastrophe afin de faire peur à la population et ainsi imposer une législation favorable pour mieux contrôler la population.

Les propos de Krishnamuriti ne sont pas forcément accès sur comment les élites maintiennent un contrôle grâce à la peur, ses propos sont plutôt accès sur qu’est ce la peur ? Et comment s’en convaincre que nous en sommes victimes et surtout comment s’en défaire ? Ci-dessous quelques extraits …

Je cite,

La peur est un des plus grands problèmes inhérents à la vie. Etre sa victime c’est avoir l’esprit confus, déformé, violent, agressif, en perpétuel conflit. C’est ne pas oser s’éloigner d’un mode conventionnel de pensée, qui engendre l’hypocrisie. Tant qu’on n’est pas délivré de la peur, on peut escalader les plus hautes montagnes, inventer toutes sortes de dieux, mais on demeure dans les ténèbres. Vivant dans une société stupide et corrompue comme la nôtre, dont l’éducation compétitive engendre la peur, nous sommes tous surchargés du fardeau de la peur. Il pèse horriblement sur nous, de toutes les façons. Il ternit, déforme et corrompt nos existences….

La peur a toujours un objet ; elle n’est jamais abstraite ; elle est toujours reliée à quelque chose. Savez-vous quelles sont vos peurs ? Perdre son emploi, manquer de nourriture ou d’argent, être victime de médisances ou de calomnies, ne pas réussir, perdre une position sociale, être méprisé ou ridiculisé ; ou la peur de la souffrance et de la maladie ; celle d’être assujetti, de ne pas connaître l’amour, de n’être pas aimé, de perdre sa femme ou ses enfants ; ou encore : la peur de la mort ; celle de vivre dans un monde semblable à la mort, celle de périr d’ennui, celle de ne pas être à la hauteur de l’image que l’on se fait de vous, celle de perdre la foi… de toutes ces peurs, et d’autres innombrables, savez-vous quelles sont les vôtres ? Et d’habitude, que faites-vous à leur sujet ? Vous les fuyez, n’est-ce pas ? Ou vous inventez des idées et des images pour les camoufler. Mais fuir la peur ne fait que l’accroître.

Une des causes majeures de la peur est notre refus de nous voir tels que nous sommes. Nous devons donc, non seulement connaître nos peurs, mais aussi examiner le réseau d’artifices que nous avons élaboré en vue de nous débarrasser d’elles. Si nous mettons à l’œuvre nos facultés – qui comprennent celles du cerveau – pour dominer la peur, la réprimer, la discipliner, la maîtriser, ou lui donner une autre apparence, le conflit qui en résulte est une perte d’énergie.

La première question à nous poser est de savoir ce qu’est, au juste, la peur et comment elle naît. qu’entendons-nous par ce mot peur ? Je me pose la question : « Qu’est-ce que la peur ? » et non « de quoi ai-je peur? »

Le passage de la certitude à l’incertitude est ce que j’appelle la peur. En ce moment, étant assis ici, je n’ai aucune crainte. Je n’éprouve pas de peur en cet instant présent, rien ne m’arrive, on ne menace ni ma personne ni mon bien. Mais au-delà du moment actuel, en mon esprit, une couche profonde pense consciemment ou inconsciemment à ce qui pourrait arriver dans l’avenir, ou se tracasse au sujet de quelque événement passé dont les suites pourraient me rattraper. Ainsi, j’ai peur du passé et du futur. J’ai divisé le temps en passé et futur, et la pensée intervient et dit : « Prenez garde que ceci ne recommence ; ou préparez-vous à cela, qui peut arriver ; l’avenir peut être dangereux pour vous ; ce que vous possédez aujourd’hui, il se pourrait que demain vous ne l’ayez plus ; demain vous pouvez mourir, votre femme pourrait vous quitter, vous pouvez perdre votre emploi ; la solitude vous guette ; assurez votre avenir. »

Fin de citation

=> A : La peur (II)


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

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