EM : Qui était William Crookes (1832-1919) ?

William Crookes fut le premier à développer la théorie de la Matière rayonnante. Après avoir été nommé président de la Société de chimie, il écrivit son ouvrage « la Physique moléculaire dans le vide », où il admet un quatrième état de la Matière, l’état extra-gazeux (ou gaz raréfié), où la Matière est radiante, rayonnante. Depuis, les scientifiques admettent les quatre états de la matière dont : solide, liquide, gazeux et le plasma (nom donné par Irving Langmuir en 1928).

Je cite*,

On observe des phénomènes bien inattendus signalés et étudiés en 1879 par William Crookes. … D’après divers savants et grâce à des hypothèses admissibles, un ballon de verre de 13,5 cm de diamètre contiendrait un septillon (1 000 000 000 000 000 000 000 000) de particules d’air; dans le vide des tubes de Crookes, leur nombre se trouve réduit à un quintillon (1 000 000 000 000 000 000), ce qui est loin d’être une quantité négligeable.

Une telle matière raréfiée dont il nous est impossible à priori de prévoir les propriétés a été appelée par Faraday, en 1816 : MATIÈRE RADIANTE :

« Si nous imaginons, dit-il dans une de ses leçons, intitulée La matière radiante, un état de la matière aussi éloigné de l’état gazeux que celui-ci l’est de l’état liquide nous pourrons, peut-être, pourvu que notre imagination aille jusque-là, concevoir à peu près la matière radiante. » L’existence de ce quatrième état de la Matière, l’état radiant, rayonnant, admis par Faraday, a été démontrée par William Crookes.

En 1879 dans une conférence à Sheffield, au congrés de l’Association britannique pour l’avancement des Sciences, Crookes expose sa théorie de la façon suivante :

« Au commencement de ce siècle si quelqu’un avait demandé ce que c’est un gaz, on lui aurait répondu que c’est de la matière dilatée et raréfiée au point d’être impalpable, sauf  le cas où elle est animée d’un mouvement violent, invisible, incapable de prendre une forme définie comme celle des solides, ou de former des gouttes comme les liquides; toujours prête à se dilater lorsqu’elle ne rencontre pas de résistance, et à se contracter sous l’action d’une pression. telles étaient les principales propriétés que l’on attribuait aux gaz  il y a une soixantaine d’années.

Mais les  recherches de la science moderne ont bien élargi et modifié nos idées sur la constitution de ces fluides élastiques. On considère maintenant les gaz comme composés d’un nombre presque infini de petites particules ou molécules, lesquelles sont sans cesse en mouvement et animées de vitesses de toutes les grandeurs imaginables. Comme le nombre de ces molécules est extrêmement grand, il s’ensuit qu’une molécule ne peut avancer dans aucune direction sans se heurter presque aussitôt à une autre.

Mais si nous retirons d’un vase clos une grande partie de l’air ou du gaz qu’il contient, le nombre des molécules diminue, et la distance qu’une molécule donnée peut parcourir sans se heurter contre une autre s’accroît, la longueur moyenne de la course libre étant en raison inverse du nombre des molécules restantes. Plus le vide devient parfait, plus s’acroît la distance moyenne qu’une molécule parcourt avant d’entrer en collision; ou, en d’autres termes, plus la longueur moyenne de la course libre augmente, plus les propriétes physiques du gaz se modifient.

Aussi, en poussant la raréfaction du gaz encore plus loin, c’est-à-dire si nous diminuons le nombre de molécules qui se trouvent dans un espace donné, et que par là nous augmentions la longueur moyenne de leur course libre, nous rendrons possibles les expériences que je vais décrire. Ces phénomènes diffèrent tellement de ceux présentés par les gaz de tension ordinaire, que nous sommes forcés d’admettre que nous sommes en présence d’un quatrième état de la matière, lequel est aussi éloigné de l’état gazeux que celui-ci l’est de l’état liquide.

Fin de citation

A suivre …

*Tiré de Physique Populaire par Émile DESBEAUX Paris 1891


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

Ce contenu a été publié dans Electromagnétisme. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.