EM : Rayons cosmiques (III)

Dans le dernier volet, j’ai abordé les rayons cosmiques vus par les physiciens du début du XXème siècle, or dans ce volet, je reviens à notre époque et je vais plutôt rapporter les dires de Georges Charpak (†) et Henri Broch. M. Charpak était physicien au CERN et prix Nobel 1992 et M. Broch directeur du laboratoire de zététique à l’université de Nice-Sophia-Antipolis. Ci-dessous, un texte tiré du livre « Devez sorciers, devenez savants », dans le chapitre, Les radiations et le vivant, ils citent :

Dans ce chapitre, les auteurs cherchent à montrer que la dangerosité de la radiation due à des corps radioactifs ne doit pas occulter d’autres sources de radiation aussi dangereuses que les rayons cosmiques.

Je cite :

Il faut aussi tenir compte des nuisances des sources d’énergie alternatives qui représentent parfois des dangers considérables sur lesquels les « nucléophobes »  viscéraux ferment pudiquement les yeux.

Depuis que la vie est apparue sur la planète, elle baigne dans un flux de radiations. Ces dernières proviennent des rayons cosmiques ou des radioéléments contenues dans les roches. Elles se sont enrichies des apports de la radiologie médicale et de certaines activités industrielles et militaires.

Des particules de très haute énergie arrivent sur la Terre. Elles produisent, dans les hautes couches de l’atmosphère, des réactions nucléaires qui donnent naissance à une très grande variété de particules, dont la plus grande partie, hormis les muons et les neutrinos, est absorbée par l’air avant d’arriver au niveau de la mer. Les neutrinos qui sont des particules de masse nulle et sans charge électrique, peuvent traverser la Terre avec moins d’une chance sur un milliard d’interagir*. En revanche, les muons sont chargés et interagissent avec la matière, en particulier avec notre corps : celui-ci est traversé par cinq muons en moyenne chaque seconde. Un muon perd dans nos tissus environ cent fois plus d’énergie que l’électron d’un corps radioactif ingéré.

A haute altitude, les rayonnements sont beaucoup plus intenses qu’au niveau de la mer. A l’altitude des hautes montagnes, il y a des électrons, des rayons gamma, c’est-à-dire des rayons X énergétiques, et des muons, et, à l’altitude où vole le Concorde, il y a, en outre, des protons, des neutrons et des pions.

… lorsqu’un proton de très haute énergie pénètre dans l’atmosphère, il produit une cascade de particules aux noms ésotériques, affublés de lettres grecques comme μ, ν, γ, en plus des particules familières comme les électrons et les neutrons.

Les neutrons libérés dans l’atmosphère par les réactions nucléaires produisent à leur tour, par interaction avec l’azote de l’air, du carbone-14, un isotope radioactif du carbone-12 stable, dont la vie moyenne est de quelques milliers d’années et que nous inhalons comme tous les organismes vivants, animaux et plantes. Dans 10% des cas, ces réactions produisent aussi du tritium également radioactif.

Un être humain de 70 kilogrammes contient des corps radioactifs qui sont le lieu de 10000 désintégrations par seconde, une petite partie étant détectable à l’examen tandis que la majorité reste absorbée dans les tissus. Les rayonnements naturels, formés par les muons des rayons cosmiques et les rayons bêta et gamma émis par les roches en quantité variable, constituent le bruit de fond dans lequel s’est développé la vie, car, même s’il est possible qu’ils aient provoqué des dommages génétiques, au cours de l’évolution, les tissus vivants ont élaboré des mécanismes de réparation de gènes.

Il est tout simplement ridicule de diaboliser les radiations lorsque leur intensité se situe au niveau des radiations naturelles, …

Fin de citation

*Toutefois, en 1987, des physiciens, qui avaient construit des gigantesques détecteurs dans des cavernes, ont détecté une bouffée de neutrinos parce qu’une étoile, une supernova, s’était éteinte en explosant à 150 000 années-lumière de la Terre et avait alors émis un nombre gigantesque de neutrinos.

=> EM : Rayons cosmiques (IV)


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

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