AC : Prévention des infections dans le domaine biomédical à l’aide des nanoparticules d’argent (Université de Toulouse)

J’essaie de faire en sorte qu’il n’y ait aucun doute dans notre esprit concernant l’efficacité de l’argent, puisque des études aussi récentes rapportées dans la thèse de SAULOU donnent des preuves scientifiques indiscutables. Et pourtant, il y a encore à peine deux ans, dire que j’étais ignorant au sujet de l’action de l’argent. A la limite, que je sois ignorant, on pourrait m’en excuser, mais que mon médecin traitant le soit, je trouve cela dommage. Je pensais naïvement que chaque médecin se renseigne ou doit se renseigner sur les dernières découvertes, du moins pour être informé et au cas échéant aiguiller ses patients, mais dans la pratique, même la profession de médecin aussi honorable qu’elle soit, elle est dictée de là haut, pour la plupart, si ce n’est pour la majorité, ils ne sont que les exécutants d’un système dont les rouages sont bien en place dès la première année de fac de médecine.

Après cette petite introduction qui je l’espère ne vous a pas déplu, je laisse le soin à la thèse de SAULOU de nous éclairer, sachant que une bonne partie de sa thèse en réalité est un condensé des dernières découvertes faites par pleins d’autres scientifiques de tout horizon.

Je cite,

L’utilisation la plus répandue de l’argent sous forme de nanoparticules correspond aux pansements et aux différents soins employés dans le domaine médical. Des pansements dits « argentiques » contiennent des nanoparticules d’argent colloïdales, adsorbées sur leur surface (Ip et al., 2006). C’est le cas par exemple des pansements* Acticoat®, commercialisés par Smith & Nephew (Yin et al., 1999), Actisorb Silver® (Johnson and Johnson), Silverlon® (Argentum Medical) ou Hansaplast® (Lansdown, 2002 a ; Silver et al., 2006). Ces produits ont prouvé leur efficacité antimicrobienne contre différentes bactéries à Gram positif et négatif (Ip et al., 2006) et les levures (Holder et al., 2003).

De plus, selon certains auteurs, l’argent participerait à la guérison anticipée** des blessures (Lansdown, 2002 b). Les bénéfices thérapeutiques de ces pansements ont été évalués in vivo sur des modèles animaux (Wright et al., 2002) et par des essais cliniques (Demling et DeSanti, 2002). Ils sont aujourd’hui couramment utilisés avec succès dans les hôpitaux et centres de soins (Silver et al., 2006). En outre, leurs applications et retraits quotidiens sont moins douloureux pour le patient que les crèmes et, contrairement au nitrate d’argent, leur utilisation ne provoque pas d’irritations (Ip et al., 2006).

Des cathéters urinaires, vasculaires et péritonéaux ont été fabriqués à partir de polymères imprégnés d’argent sous forme métallique ou oxydée, afin de prévenir la formation de biofilms bactériens (pour revue : Silver, 2003). Bien que la plupart des travaux réalisés avec ces cathéters aient démontré leur activité antimicrobienne, et par conséquent, une réduction des coûts d’hospitalisation (Rupp et al., 2004), certaines études soulèvent le problème d’une efficacité relativement faible in vivo (pour revue : Darouiche, 1999).

D’autres produits dérivés sont également employés dans le domaine médical. Des masques chirurgicaux contenant des nanoparticules d’argent ont été fabriqués et testés (Li et al., 2006) : ils présentent une efficacité antibactérienne sur E. coli et S. aureus et ne provoquent pas d’allergie ni d’irritation chez les sujets les ayant portés pendant 1h.

Alt et ses collaborateurs (2004) ont étudié un ciment pour os (NanoSilver), constitué de polyméthylmétacrylate contenant des particules d’argent métallique (diamètre : 5 à 50 nm). Ils ont démontré in vitro son activité biocide contre des bactéries adhérées (S. epidermidis et S. aureus résistantes à la méticilline), ainsi que l’absence de cytotoxicité envers des fibroblastes et des ostéoblastes***.

La compagnie AcryMed a par ailleurs mis au point une technologie appelée SilvaGardTM, qui consiste à recouvrir les surfaces des dispositifs médicaux (implants orthopédiques et stents en acier inoxydable, cathéters et drains en plastique, pansements en nylon ou en polyester, etc.) avec des nanoparticules d’argent, par une méthode en voie humide (« wet-coating »). Les surfaces d’acier inoxydable, constituant les dispositifs de fixation des fractures, peuvent également être recouvertes d’un dépôt contenant des nanoparticules d’argent (Darouiche, 1999).

Fin de citation

* J’ai déjà abordé ces pansements sur le site et je ne suis pas surpris de les voir mentionner ici.

** Cet effet, nous l’avons constaté à maintes fois avec l’argent ionique/colloïdal, voir les différents témoignages rapportés sur les blessures.

*** les travaux de Dr. O. Becker dont j’ai tirés quelques références dans certains articles ici même ont démontré ce phénomène dans les années 1960.


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

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