AC : Résistance des micro-organismes aux ions Ag+ (Université de Toulouse)

Dans la thèse de Madame SAULOU, il est question de résistance des micro-organismes aux ions d’argent. c’est bien la première fois que je tombe sur une étude qui parle de résistance, je vais exposer le contenu de son étude.

Je cite :

Contrairement aux antibiotiques, les ions Ag+ provoquent très rarement l’émergence de résistances de la part des bactéries ou des levures (Gibbins et Werner, 2005)*, ce qui constitue un avantage majeur.

En effet, les cations métalliques (Ag+) agissent de manière concomitante en de nombreux sites de la cellule. Or, la probabilité qu’un micro-organisme subisse des mutations simultanées de toutes ces fonctions critiques en une seule génération est faible.

Par conséquent, lorsque la concentration en ions Ag+ est suffisante, le microorganisme ne peut pas muter avant d’être tué. Pourtant, certaines études récentes recensent l’existence de souches bactériennes résistantes (Lansdown, 2002 a ; Silver et al., 2006). Ce phénomène de résistance peut être intrinsèque, c’est-à-dire lié aux gènes présents dans le génome du micro-organisme (Percival et al., 2005). Il peut également être acquis grâce à des plasmides ou des transposons.

En outre, certains micro-organismes mettent en place une réponse adaptative après avoir été cultivés en présence d’une concentration sous-létale d’argent et deviennent alors tolérants à l’argent (Percival et al.,2005). Par exemple, C. albicans et S. cerevisiae sont capables d’accumuler de l’argent provenant du milieu et de survivre, lorsque la concentration est comprise entre 1 et 2 mM (Kierans et al.,1991).

En outre, des cultures répétées à ces concentrations rendent les levures tolérantes. Elles peuvent alors se développer à des concentrations d’argent plus importantes (5 mM), normalement létales (Kierans et al., 1991). Ce phénomène de « bio-accumulation » a également été observé chez différentes bactéries (Pseudomonas sp., E. coli)  (Silver, 2003).

Des bactéries résistantes à l’argent ont également été isolées d’environnements où le métal est présent en quantité importante (effluents de photographies, sols de mines d’argent, blessures en cours de soin, etc.).

Des mutants d’E. coli résistants aux ions Ag+, obtenus par sélection en laboratoire, possèdent un mécanisme actif d’excrétion des cations et aucune porine, permettant habituellement l’entrée des ions Ag+, n’est détectée dans leur membrane externe (Li et al., 1997). Des gènes codant pour plusieurs protéines, formant un complexe responsable de l’excrétion des ions Ag+, ont été mis en évidence chez E. coli dans l’ADN chromosomique (Gupta et al., 2001 ; Franke et al., 2003).

Des gènes de résistance à l’argent sont également situés dans des plasmides bactériens IncH (Gupta etal., 2001). Ainsi, le plasmide pMG101 contient neuf gènes de résistance à l’argent (Silver, 2003 ;Silver et al., 2006). Ces différents gènes codent pour des protéines appelées Sil, présentes dans la membrane interne, l’espace périplasmique et la membrane externe, qui forment une pompe à excrétion de cations Ag+ en échange de protons H+.

Fin de citation

* Pour les références, merci de se référer à la thèse dont un lien a été donné dans le premier article de cette série.


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

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