AC : L’argent et le soufre (Ag2S), quel rapport avec l’argent colloïdal suite et fin

Dans cet article, je vais poursuivre la sulfuration de l’argent en me basant sur un document très intéressant émanant de trois spécialistes, dont un métallurgiste, un autre ingénieur à EDF et des conservateurs. Le document se trouve ici même => Étude prédictive de la sulfuration.

L’objectif du document est de connaître le seuil de détection des ternissures de l’argent métal lorsque des objets en argent sont exposés au musée de la musique de Paris.

Première remarque, les taux de sulfures d’argent formé en surface sont en partie responsables des ternissures visualisées sur les objets en argent.

Deuxième remarque, du point de vue de la corrosion de l’argent, les composés soufrés (oxydes de soufre, sulfure de carbonyle et sulfure d’hydrogène), les oxydes d’azote et les composés chlorés sont considérés comme les polluants les plus importants.

En effet, les altérations de l’argent sont essentiellement dues à la présence de sulfure de carbonyle (O=C=S) en équilibre avec CO2 et H2S. L’OCS se révèle être aussi agressif que H2S à température ambiante. Il se forme à la surface de l’argent un composé noir ou gris foncé de soufre d’argent Ag2S.

Une première réaction chimique se produit entre l’argent et le sulfure de carbonyle (OCS). L’OCS se transforme en H2S selon les réactions en chaîne suivantes :

OCS + OH-     –>     HCSO2-

HCSO2- + H2O     –>     HCSOOH + OH-

HCSOOH     –>     H2S + CO2

OCS + H2O     –>     H2S + CO2

L’oxygène et le carbone n’interviennent pas à priori dans le processus de formation d’Ag2S.

Ensuite vient la formation d’Ag2S à l’aide de la réaction de l’argent avec H2S. Les auteurs émettent l’hypothèse que l’eau vient s’adsorber à la surface de l’argent et forme un film qui agit comme un électrolyte, d’où des réactions de type électrochimique qui seraient à l’origine de la formation d’Ag2S (voir le document pour les réactions en chaîne).

La sulfuration se fait par réaction directe à la surface entre des ions HS- et l’argent métallique selon une réaction d’oxydoréduction (pour les réactions intermédiaires, voir l’article), mais la réaction est favorisée par la réduction de l’oxygène O2 .

4Ag+ + 2HS-     –>     2Ag2S + 2 H+

Les facteurs susceptibles de modifier la vitesse de formation d’Ag2S sont principalement la température et l’humidité relative.

D’après certains auteurs, l’épaisseur du film d’Ag2S diminue quand la température augmente jusqu’à 40°C puis elle augmente fortement de façon linéaire avec la température. A basse température, le processus est lié à la couche d’eau absorbée. Une étude a montré que l’épaisseur était fonction de l’humidité. La même étude a permis de montrer que la vitesse de formation d’Ag2S était plus grande lorsque la concentration en H2S était plus élevée.

Paragraphes tirés du document mentionné ci-dessus.[


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

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