AC : Activité antifongique des ions Ag+ (Université de Toulouse)

Je poursuis dans cet article à exposer les découvertes rassemblées dans l’excellente œuvre de SAULOU. Dans cet article je rapporte ce qu’elle a réuni comme données connues autour de l’activité antifongique des ions Ag+.

Pour ma part, j’en suis persuadé, tout simplement parce que j’ai expérimenté sur mes mycoses et sur d’autres personnes de ma famille, mais il est toujours bon d’asseoir  un minimum ses dires à l’aide de la science afin d’éviter que les détracteurs vous narguent, quoique ces gens trouveront toujours une faille qui leur donnera raison. Mais ceci est un autre sujet !

Je cite :

L’analyse des mécanismes d’action des ions Ag+ sur les levures est moins développée que dans le cas des bactéries (Kierans et al., 1991). Ainsi, dans leur étude sur l’effet d’une solution d’ions Ag+ libérés par électrolyse lors du cycle de nettoyage d’une machine à laver (Samsung®), Jung et al. (2007) ont démontré l’efficacité vis-à-vis de quatre souches eucaryotes (C. albicans, Trichophyton rubrum, Microsporum canis et Aspergillus flavus), sans donner d’explication concernant le mécanisme d’action des ions Ag+.

Il apparaît toutefois que les principaux modes d’action, répertoriés pour les bactéries, se produisent également chez les levures, avec des différences dues à la compartimentation interne et à la structure de la paroi fongique.

L’action de l’argent sur la paroi cellulaire des levures est illustrée par l’étude de Wells et al. (1995) sur C. albicans. Les ions Ag+ inhibent de manière irréversible la phosphomannose isomérase, enzyme clé de la synthèse des mannoprotéines pariétales, en se liant à un résidu cystéine (Cys-150). Son altération provoque une augmentation de la perméabilité de la paroi et conduit à la libération de phosphates, glutamines et autres nutriments vitaux pour le microorganisme.

Selon Kierans et al. (1991), la structure interne de différentes levures (Rhodotorula rubra, Debaryomyces hansenii, S. cerevisiae, C. albicans), observée par microscopie électronique en transmission, est affectée lorsque les microorganismes sont cultivés en présence d’ions Ag+ : détachement de la paroi et de la membrane cytoplasmique, destruction des organites intracellulaires, présence d’agglomérats d’argent au niveau de la paroi.

Toutefois, très peu d’agglomérats sont détectés à l’intérieur des levures, contrairement aux observations réalisées sur les bactéries (cf. partie I-B-1.1). Des agrégats sont également identifiés dans le milieu gélosé à proximité des levures (Kierans et al., 1991).

Des analyses par spectroscopie dispersive en énergie (EDS) démontrent que l’ensemble de ces « clusters » est constitué d’argent métallique et d’une faible quantité d’AgCl et d’Ag2S. Pour expliquer la présence d’agrégats au niveau de la paroi cellulaire, les auteurs mentionnent le fait que les levures produisent naturellement des substances réductrices, en absence ou en présence d’argent.

Ces composés interviennent vraisemblablement dans la réduction d’une partie des ions Ag+ en Ag0, diminuant la concentration d’espèces antimicrobiennes, bien que ce phénomène ne corresponde pas à un mécanisme de protection déclenché en présence d’ions Ag+.

Tout comme dans le cas des bactéries, les ions Ag+ provoquent une altération de la chaîne respiratoire, au niveau des mitochondries des organismes eucaryotes* (Yang et Pon, 2003).

Ces auteurs ont observé une modification de la morphologie des mitochondries (i.e., fragmentation de leur réseau de structures tubulaires) pour une concentration en ions Ag+ de 0,16 mM (soit 17 mg/L). Les mitochondries** constituent donc une cible privilégiée des ions Ag+.

De plus, lorsque S. cerevisiae est cultivée sur un milieu contenant du glycérol, substrat obligeant la levure à « respirer », l’activité antifongique des ions Ag+ est plus importante que lorsque les levures se développent sur un milieu à base de glucose (métabolisme fermentaire).

Selon Yang et Pon (2003), les ions Ag+ induisent la formation d’espèces oxygénées réactives (ROS), provoquant un stress oxydatif dans les cellules (dégradation des lipides, des protéines et de l’ADN). Ces ROS étant générés par différentes réactions enzymatiques, impliquant notamment des enzymes de la chaîne respiratoire mitochondriale.

Yang et Pon (2003) ont déduit que l’activité des mitochondries contribue à la toxicité des ions Ag+ sur les levures.

Yang et Pon (2003) ont également déterminé les concentrations minimales inhibitrices des ions Ag+, supprimant 90% de la croissance de S. cerevisiae (CMI90%) en milieu riche (extrait de levure/peptone) et en milieu synthétique, contenant différentes sources de carbone (glucose, glycérol ou raffinose).

Fin de citation

En synthèse, dans les cellules à noyau, les ions Ag+ attaquent à la « centrale énergétique » de ces dernières et par conséquent, ces cellules (en manque d’énergie) meurent. Le même phénomène peut se produire sur les cellules procaryotes, voir pour cela l’article sur « L’action destructrice de l’argent sur la membrane cellulaire (Université de Toulouse) ».

* Des cellules à noyau

** C’est la Centrale énergétique de la cellule (Une mitochondrie ne peut provenir que de la croissance et de la division d’une autre mitochondrie déjà existante. Normalement, avant la division cellulaire, la mitochondrie double sa masse puis se scinde en deux. Elles sont aussi capables de fusionner entre elles : Source Wikipédia)


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

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