EM : Loewi Otto, vitalistes versus mécanistes et chimistes (douzième partie)

A cette époque, les anatomistes avec leurs microscopes trouvèrent que le nerf n’a pas réellement de contact avec le muscle, et qu’un espace existait entre le nerf et le muscle, ce qui fut appelé la « fente synaptique« . Les vitalistes poussés par cette découverte et contraints postulèrent que le passage de l’influx nerveux à travers la fente synaptique était électrique.

Le postulat resta en suspens jusqu’en 1921, lorsque Otto Loewi physiologiste prouva par l’expérience que la transmission de l’influx nerveux à travers la fente synaptique était aussi chimique. (Comme Loewi était à l’époque où j’étais étudiant dans la même faculté de médecine où il était professeur de recherche, c’était mon infortune et celle de mes camarades de promotion que d’avoir à répéter son expérience dans le laboratoire de physiologie. Je peux dire, sans équivoque, que cela fonctionnait!).

Suite à l’expérience de Loewi, toute trace d’électricité et de magnétisme était définitivement exclue de toute relation fonctionnelle avec les êtres vivants. Le Vitalisme était enfin mort.

Toutefois, ce triomphe de la science était encore entourée d’un mystère. Loewi a été toujours considéré comme un professeur à l’université même s’il était âgé et à la retraite, et il nous rendait souvent visite au laboratoire de physiologie, racontant les événements étranges qui ont entouré son expérience réussie.

Il avait, dit-il, été à la lutte pour un certain temps avec le problème de comment faire l’expérience. Une nuit, il fit un rêve dans lequel la manière exacte de faire l’expérience lui a été révélée. Malheureusement, quand il se réveilla, il ne se souvenait pas des détails!

La nuit suivante, il eut le même rêve, mais cette fois il se rappelait de tout au réveil. Il se rendit immédiatement à son laboratoire, et en quelques heures, il réussit à démontrer avec succès la nature chimique de la transmission synaptique.

Le rêve de Loewi lui a finalement permis de recevoir le Prix Nobel en 1936. Lors de ses visites au laboratoire de physiologie, il nous avertissait que nous ne savions pas tout, que certains mystères demeuraient.

Texte tiré de « Cross Currents » de Dr. O. Becker

=> EM : Paul Ehrlich, vitalistes versus mécanistes et chimistes (treizième partie)


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