EM : La révolution scientifique en marche, vitalistes versus mécanistes et chimistes (huitième partie)

Deux ans après la mort de Paracelse, Andreas Versalius, un chirurgien militaire, publia le premier texte anatomique vraiment précis, « De humani corporus Fabrica » (le tissu du corps humain). Ce travail, enfin, dissipa complètement le dogme d’infaillibilité de Galien. L’âge de la science et de la raison avait commencé. Les gens commencèrent à apprendre davantage sur la science du vivant (la biologie) et la science du non vivant (la physique). Les forces mystérieuses naturelles de l’électricité et du magnétisme progressivement commencèrent à être comprises.

Quelques scientifiques ont beaucoup apporté grâce à leur contribution sur les concepts de base et ont fourni la base sur laquelle le reste de la science a construit ses édifices. Le premier de ces scientifiques fut William Gilbert, médecin de la reine Élisabeth I et le premier véritable scientifique dont l’intérêt réside non seulement dans la médecine mais aussi dans les forces de l’électricité et du magnétisme.

Sa publication en 1600 de « De Magnete » (l’aimant) qui identifie clairement les deux forces distinctes de l’électricité et du magnétisme, établissait les règles d’action pour chaque force en vigueur et décrivait que la Terre était comme un gros aimant. La croyance qui consistait jusqu’alors à admettre que l’aiguille de la boussole était dirigée vers le nord à cause d’une étoile mystérieuse située au nord, ne faisait plus foi.

La contribution la plus importante de Gilbert a été, dans la tradition d’Hippocrate, Erasistrate, et Paracelse, un plaidoyer en faveur des «expériences dignes de confiance et démonstrations argumentées » pour remplacer « les conjectures probables et les opinions philosophiques de professeurs ordinaires ». Ce plaidoyer a ensuite été étendu et codifié par Francis Bacon dans la méthode scientifique.

Pendant les années 1600, plusieurs moyens de stockage d’électricité « fluide » ont été découverts, et de meilleures méthodes de production d’électricité statique ont été conçues. Cependant, la connaissance de l’électricité a été limitée à l’électricité statique. Le même type d’électricité qui est produit par le frottement de l’ambre avec de la fourrure, ou en marchant sur un tapis.

La connaissance de la façon dont les êtres vivants effectivement fonctionnaient, a également progressé pendant cette période, particulièrement avec la découverte que les nerfs transmettent les informations sensorielles et causent la contraction musculaire.

Le cerveau a été bien identifié comme étant le siège des choses et de la mémoire. Avec ces connaissances, la controverse croissante a surgi entre les mécanistes ayant postulés que les organismes vivants sont comme des machines complexes qui sont tout à fait compréhensibles au moyen de principes physiques, et les vitalistes, qui croyaient en la mystérieuse force de la vie insaisissable.

Cependant, même parmi les mécanistes il y avait des réticences apparentes, certains ne pouvaient exclure totalement le mystère. René Descartes, le promoteur principal du modèle mécaniste, postula l’idée d’une «âme», dont il situait dans la glande pinéale (une curieuse structure en forme de pomme de pin située dans le centre de la tête).

Mesmer, sous l’influence des enseignements de Paracelse, proposa que les êtres vivants génèrent des forces universelles qu’elles peuvent transmettre à d’autres par le «magnétisme animal». Il traita une variété de maux en utilisant la thérapie magnétique, comme il réussissait remarquablement bien, il s’attira la colère de l’establishment médical.

Les médecins orthodoxes affirmèrent qu’il pratiquait de la magie, et en 1784 le roi Louis XVI était contraint de nommer une commission pour enquêter sur lui. Le rapport de la Commission était «défavorable» attribuant des résultats positifs que Mesmer obtenait à la suggestion simple. L’héritage qui reste de son travail est le mesmérisme, un terme qui est synonyme de l’hypnose.

Hahnemann, en s’appuyant sur Paracelse et sa « loi de similitude », construisit un système complexe de la médecine dite « homéopathie ». Ce système était basé sur l’administration de doses minimes des «essences» des substances qui produisirent des symptômes semblables à ceux dont le patient souffrait. Hahnemann postula que ces essences réagissent avec l’esprit énergétique et vitale du corps d’une manière similaire à celle de la magnétite, une méthode de traitement, qu’il préconisa par ailleurs.

Tout au long de cette période d’excitation scientifique, la dispute entre les mécanistes et les vitalistes avidement embrassant l’électricité comme force (scientifique) de vie. Ce faisant, toutefois, ils mettaient tous leurs œufs dans le même panier, car si l’électricité venait à être totalement exclue du processus de la vie, ces derniers auraient perdu la bataille.

Texte tiré de « Cross Currents » de Dr. O. Becker

=> EM : Luigi Galvani, vitalistes versus mécanistes et chimistes (neuvième partie)


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