EM : Julius Bernstein, vitalistes versus mécanistes et chimistes (onzième partie)

En 1871, mécontent de ce nouveau statut de la force électrique, Julius Bernstein proposa une explication chimique de l’influx nerveux. Il estima que les ions (atomes chargés de sodium, de potassium ou de chlorure) à l’intérieur des cellules nerveuses diffèrent du fluide des tissus à l’extérieur, et que cette différence était à l’origine de la présence de charge électrique ou d’une « polarisation électrique » dans la membrane des cellules nerveuses.

Pour Bernstein, l’influx nerveux était une rupture dans cette polarisation qui traversait la fibre nerveuse, accompagnée par le mouvement de ces ions à travers la membrane. Ceci, à son avis, était ce que Du Bois-Reymond avait mesuré. « L’hypothèse de Bernstein » fut acceptée avec empressement et depuis elle a été démontrée globalement comme correcte, non seulement pour les cellules nerveuses, mais pour toutes les cellules du corps.

Le succès de l’hypothèse de Bernstein engendra un dogme tel que ce type d’activité électrique était le seul type accepté dans le corps. Dans cette optique, un courant électrique continu ne peut pas exister à l’intérieur de la cellule ou à l’extérieur, et un courant électrique produit à l’extérieur du corps (pour autant qu’il soit en dessous d’un certain seuil d’intensité pour provoquer un choc ou produire de la chaleur, [note personnelle : autrement, des courants électriques continus de très faible intensité ne peuvent avoir d’effets biologiques, cette affirmation a été démontré comme fausse par le Dr. O. Becker dans ces travaux, il y a à peine 40 ans et à l’époque c’était déjà une hérésie]) ne peut avoir aucun effet biologique.

Les vitalistes, en misant sur la force mystérieuse électrique, semblait avoir perdu la bataille. Bien qu’il n’y ait aujourd’hui aucun doute que Bernstein était correcte et que la polarisation membranaire est la base de la conduction de l’influx nerveux, il ne s’ensuit pas nécessairement que le nerf, ou la polarisation membranaire est la seule façon que l’électricité peut agir dans l’organisme. Cependant, la science orthodoxe rejeta ces idées comme liées au vitalisme.

Texte tiré de « Cross Currents » de Dr. O. Becker

=> EM : Loewi Otto, vitalistes versus mécanistes et chimistes (douzième partie)


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

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