EM : Vitalistes versus mécanistes et chimistes (première partie)

Je vais écrire une série d’articles qui retrace une histoire de la médecine qui certainement ne sera pas complète. L’objectif est de montrer qu’au cours de l’histoire, deux philosophies de pensées se sont confrontées, le groupe des vitalistes, qui considère que l’être humain est au sein d’un monde énergétique et fait partie d’un ensemble et le groupe des mécanistes ou/et chimistes qui prétend que l’être humain est une machine chimique et qu’à une maladie correspond un remède ou une pilule. Bien évidemment tout ceci est très simplifié et schématisé, mais l’idée générale chez les vitalistes est que l’être humain fait partie d’un ensemble alors qu’à l’opposé, les mécanistes chimistes considèrent que l’être humain peut être traité en dehors de cet ensemble, de façon séparée.

Je vais devoir m’aider des écrits du Dr. O. Becker pour donner un peu de consistance à ces deux courants de pensées. Toutes les fois où, je ferai référence à ces écrits, ces derniers seront mentionnés en italique.

Bien avant l’histoire écrite, nos ancêtres vivaient dans un monde plein de forces mystérieuses qui régissaient leur vie. Les cycles du soleil et des saisons, la foudre et le feu, le vent, la sécheresse, et la tempête. Leur propre corps ont été également plein d’énergies et des potentialités inconnues : la vie et la mort, la maladie et la guérison, la naissance et le vieillissement.

L’humanité, bénie (ou maudite) avec une intelligence (à s’interroger) a eu une curiosité et un immense besoin d’expliquer sa place dans le système des choses. L’ensemble de croyances qui découle de cette quête est d’abord un système unique englobant ce que nous appelons aujourd’hui la religion, la philosophie et la médecine.

Les peuples dispersés à travers le monde partageaient de nombreux points communs de ce système de croyance. Principalement, ils croyaient à deux réalités, le monde qu’ils voyaient autour d’eux, et le monde spirituel invisible dans lequel habitaient les forces qui apportaient l’énergie dans le monde composé de la nature et des personnes. La vie était une partie de la toile d’araignée de l’univers, avec toutes choses liées et imbriquées par l’esprit ou l’énergie.

La Terre était la mère nourricière de la vie, et tout ce qui existait a été créé par un certain Être suprême, toute la vie était douée d’une énergie particulière, une force de la vie qui l’a revitalisée. L’énergie de la vie a été l’une des grandes forces universelles de la seconde réalité (le monde invisible). La maladie était le résultat de forces d’un autre monde agissant sur le patient, et la Mort était le transfert de l’énergie vitale du corps dans le monde des esprits. Les inondations, les séismes, les sécheresses, les famines, les maladies, la mort et la naissance étaient soit un signe de mécontentement ou d’approbation des actions des humains.

Les gens étaient à la merci non seulement des forces de la nature de cet environnement, mais aussi du monde mystérieux qui était cette autre réalité invisible. Souvent, la force de la vie était censée avoir un caractère dualiste, et pouvait devenir déséquilibrée sous l’influence des forces extérieures résultant de la maladie.

Ces énergies internes et externes formaient ainsi la réalité bien distincte dont le guérisseur chaman établissait des contacts lors d’un état altéré de conscience (atteint à travers les rêves, le stress physique ou mental grave, la méditation, la quête spirituelle, ou l’utilisation de substances agissant pour modifier l’esprit). Une fois le guérisseur était entré en contact avec cette autre réalité alors il était en mesure de diagnostiquer et de traiter son patient. La guérison était possible une fois que l’équilibre entre les forces dualistes chez le patient était atteint, alors le transfert des forces du monde des esprits, ou le don de la force de vie propre au guérisseur était effectué vers le patient.

Ces concepts de base se répandirent à partir du moment où les sociétés évoluèrent et les gens eurent le temps d’examiner leur environnement de manière plus détaillée. Dans ce processus, des forces spécifiques furent découvertes dans la nature qui, tout aussi mystérieux que celles des dieux et de l’esprit dont le guérisseur chaman était à l’origine.

Comme tous les êtres vivants possèdent cette force de vie ou d’esprit, même les herbes insignifiantes pouvaient avoir des effets sur le corps humain par le biais de leurs propres « propriétés spirituelles ». Au fil des millénaires, cette idée conduit à une pharmacopée primitive et assez vaste.

Il semble raisonnable de supposer que la mobilité que possèdent les animaux et les humains soit considérée comme une manifestation particulière de la force de vie. Comme la découverte de la pierre d’aimant, la magnétite, un matériau magnétique naturel, qui se perdit dans la préhistoire. Lorsque les aimants naturels ont été trouvés pour être en mesure de se déplacer par eux-mêmes, ils étaient censés avoir une force de vie particulièrement puissante, et on croyait que ce pouvoir mystique était en mesure d’influer sur la force de la vie humaine. L’électricité statique, qui produit également une «force mobile» et est produite facilement par le frottement de l’ambre naturel avec de la fourrure, doit avoir semblée aussi mystique que la magnétite.

Ces découvertes, faites bien avant l’histoire écrite dans de nombreuses sociétés, ont été parmi les événements les plus significatifs dans les temps préhistoriques. Elles représentaient les débuts de l’exploration de l’environnement et l’aube de la science. La connaissance de l’action des herbes ont finalement abouti à la chimie, et la magnétite ainsi que l’électricité statique sont à la base du développement de la physique moderne. Ces découvertes ont été les clés de l’apparition de la science médicale et la science de la vie.

Tiré de Cross Currents


=> EM : Vitalistes versus mécanistes et chimistes (deuxième partie)


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

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