AC : Pourquoi le Collargol a été abandonné par les médecins

Le collargol a fait l’objet de quelques articles sur ce site. J’ai montré à quel point ce produit a été très prometteur au début du XXème siècle suite à la redécouverte des propriétés bactéricides de l’argent.

J’ai également reporté sur ce site (dans un article) des décès survenus suite à l’administration par intraveineuse du collargol à certains malades. Ici je rappelle le mode d’obtention du collargol, ses caractéristiques et les raisons de son abandon par la communauté médicale.

Tout ceci est tiré du « Précis de thérapeutique et de pharmacologie, par A. Richaud, édité en 1919« .

Je cite :

Le Mode d’obtention du Collargol

Le collargol a été obtenu tout d’abord par Carey Lea (en 1897) en faisant agir sur une solution de nitrate d’argent une solution de sulfate ferreux alcalinisée par du carbonate de soude. Ce procédé a été successivement modifié et, à l’heure actuelle, on prépare ordinairement le collargol en faisant agir le nitrate d’argent sur une solution formée par un mélange de citrate d’ammoniaque et de sulfate ferreux.

Ses caractérisitques

Le collargol se présente sous la forme de petites écailles noires à reflets métalliques, s’écrasant facilement. Il est à peu près dépourvu d’odeur et sa saveur est peu marquée. Le collargol est réputé soluble dans l’eau. En vérité il ne s’agit pas d’une véritable solution, mais d’une suspension de particules très fines.

Ces pseudo-solutions ont une couleur brun noirâtre; elles ne dialysent pas; elles sont précipitées par la chaleur, par addition d’acides ou de solutions salines; elles présentent en un mot la plupart des caractères des colloïdes.

Le collargol n’est pas cependant, comme on l’avait cru tout d’abord, de l’argent colloïdal: ce serait d’après Hanriot un sel soluble alcalin d’un acide particulier, l’acide collargoliqne : il renferme toujours d’ailleurs des traces d’impuretés provenant des réactifs qui servent à sa préparation.

Applications, modes d’emploi.

Le collargol a été et est encore préconisé par Netter dans le traitement des diverses affections dont nous avons parlé, et il l’estime préférable aux métaux colloïdaux électriques dans les cas où il est particulièrement indiqué de rechercher une action bactéricide. Avec le collargol, en effet, on obtient facilement des pseudo-solutions à 5% d’argent métallique, alors que la concentration moyenne des pseudo-solutions d’argent électrique ne dépasse guère 0 gr. 025%.

Netter, à l’exemple de Crédé, et suivant les cas, administre le collargol par la voie cutanée, la voie digestive, la voie sous-cutanée ou intramusculaire et, enfin, par la voie veineuse. A notre avis, et pour les raisons que nous avons exposées précédemment. La voie cutanée ne peut pas se prêter à une absorption régulière du collargol et nous considérons que l’emploi des pommades ou des onguents au collargol n’est justifié que dans les cas où ce médicament est utilisé comme topique, dans le traitement des brûlures par exemple. Nous ne croyons pas davantage à l’absorption du collargol par la voie digestive ou rectale.

Fin de citation

Enfin, pourquoi le collargol a été abandonné ?

Je cite

En fait les injections sous-cutanées et intramusculaires de collargol ont été à peu près abandonnées, l’expérience ayant démontré qu’elles donnaient fréquemment naissance à des nodules inflammatoires aboutissant souvent à des abcès. Les injections intraveineuses, d’ailleurs, ont quelquefois entraîné des accidents beaucoup plus graves (embolies pulmonaires, hémorragies, œdème du poumon).

Fin de citation.

Donc, comme pour tout médicament, on remarque un début d’excitation et d’enthousiasme. Cet engouement finit par se calmer du à une « exagération » ou la découverte d’effets secondaires néfastes. Sera-t-il ainsi avec l’argent colloïdal tel que nous l’utilisons aujourd’hui?

A suivre …


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

Ce contenu a été publié dans Documentation, Risques, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.