AC : L'argent dans l'histoire, tiré de la semaine vétérinaire, 12 juillet 1903

J’ai reporté à quelques reprises ici même, une histoire de l’argent, or, il m’a semblé utile de réitérer une nouvelle fois une histoire de l’argent vue cette fois ci par une revue vétérinaire, on y apprend d’autres éléments jusqu’ici inconnus voire sans fondement historique.

Cet article est basé sur un article tiré de la bibliothèque François Mitterrand et se trouve ici*.

Je cite,

Depuis plusieurs années déjà, les journaux vétérinaires allemands sont remplis des bons effets de l’argent colloïdal. Mais les médicaments nouvellement éclos de la chimie allemande sont tellement abondants et tellement surfaits que nous ne savons vraiment plus ceux qu’il faut présenter à nos lecteurs et ceux qui doivent être laissés pour compte aux entrepreneurs de réclame.

L’argent colloïdal paraît vraiment un agent thérapeutique de valeur; il vient d’être présenté au grand public médical français par MM. Netter et Salomon; nous allons profiter de leur étude historique. Il y a déjà fort longtemps que les propriétés antifermentescibles de l’argent ont été constatées, et il a  toujours été de notion courante dans le peuple que certains mets se conservent mieux dans des vases d’argent et que, quand on met de l’argent sur une plaie, on ne risque pas de voir s’y mettre la suppuration. Depuis un temps immémorial on applique en Thessalie des pièces d’argent à la surface des plaies, et une pareille pratique aurait cours dans certaines régions de l’Italie pour le traitement de l’érysipèle.

Dans le domaine scientifique, les propriétés antiseptiques de l’argent ont également, depuis déjà plusieurs années, attiré l’attention des chercheurs. En 1869, Raulin avait montré que le nitrate d’argent empêche le développement de l’aspergillus niger à la dose de 1 pour 1,600000, alors que le sublimé n’arrêtait ce développement que pour une proportion de 1 pour 512,000.

Raulin a vu de même que l’aspergillus ne donne que des traces à peine appréciables de mycélium dans un vase d’argent. Cette particularité, dit-il, s’explique par l’action chimique du liquide artificiel sur le métal, qui se transforme en proportion très minime de sel d’argent, lequel réagit à son tour sur le développement du mycélium. Miller, Behring, Schill, Vincent, Straus avaient étudié les propriétés antiseptiques de l’argent au point de vue expérimental.

En France, M. Lamarre (de Saint-Germain-en-Laye) avait remarqué les bons effets de l’argent dans un grand nombre de maladies, mais c’est surtout à Beyer et à Credé qui revient le mérite d’avoir introduit dans la thérapeutique et d’avoir vulgarisé l’emploi de l’argent. Hanté par l’idée que l’asepsie en chirurgie n’était pas toujours réalisable rigoureusement,
et qu’il pouvait résulter les plus graves complications de la moindre erreur dans cette méthode idéale, il s’attacha à trouver un antiseptique suffisamment inoffensif et non irritant qui, sans remplacer l’asepsie, devait la compléter, et devait être efficace également comme désinfectant pour les plaies septiques.

En 1895, Credé apprit de Halsted, chirurgien de Baltimore, les propriétés antiseptiques de l’argent en lames appliqué sur les plaies; à cette époque, il avait déjà essayé, mais bien vite abandonné, outre l’argonine et l’argentamine, le nitrate d’argent déjà préconisé par son père pour la prophylaxie de l’ophtalmie des nouveau-nés; aussi accepta-t-il cette méthode avec enthousiasme et s’attacha-t-il à la perfectionner.

Il étudie successivement les effets des feuilles d’argent métalliques puis du lactate et du citrate d’argent qu’il abandonne rapidement pour une forme allatropique de l’argent, l’argent colloïdal, découvert en 1889, en Amérique, par Carey-Lea et que l’usine de Heyden fournit depuis 1896 sous le nom de collargolum Credé.

La première mention de ces recherches fut faite au Congrès de Moscou, en 1897,et, depuis cette époque, Credé a employé l’argent colloïdal dans le traitement des maladies infectieuses de l’homme ou des animaux. De tous côtés, des observations enthousiastes ou réservées furent publiées.

Fin de citation,

*Titre : La Semaine vétérinaire. Revue des travaux français et étrangers
Éditeur : [s.n.?] (Paris)
Date d’édition : 1886-1928
Contributeur : Pion, Ernest (pseud E Ponvosin). Éditeur scientifique
Contributeur : Dubreuil, Paul (01). Éditeur scientifique
Contributeur : Percheron, Gaston. Éditeur scientifique
Type : texte,publication en série imprimée
Langue : Français
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/cb328671487/date
Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, FOL T45 30
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328671487
Provenance : bnf.fr
Description : Etat de collection : 1886/06-1928/06


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