AC : Les consituants d'Electrargol et de Collargol (début XXème siècle)

Bon, suite à mes recherches, je suis tombé sur un document « La Thérapeutique des maladies infectieuses par le choc, par le Dr Georges Drouet* » à la page 8 qui décrit sommairement les constituants d’Electrargol et de Collargol. Deux types d’argent colloïdal fabriqués respectivement par la voie électrique et chimique.

En examinant le texte ci-dessous, on constate que ces deux types d’argent colloïdal n’en étaient pas vraiment comme on l’imagine aujourd’hui. Les deux raisons principales étant que quelque soit la méthode utilisée, les colloïdes étaient plutôt microscopiques et non nanométriques et de deux, à l’époque, on ajouterait des substances organiques afin de mettre les colloïdes en suspension, ce qu’on cherche à éviter à tout prix, de manière à garder une solution nanométrique et pure.

Je cite :

Les métaux colloïdaux sont des suspensions de grains métalliques ultra-microscopiques (micelles) dans un milieu liquide. Ils sont obtenus les uns par la voie chimique, les autres par la voie électrique. Les plus connus sont le collargol, l’électrargol et la collobiasë d’or, cette dernière préparation paraissant la plus régulièrement choquante et s’injectant dans les veines à la dose de 1 cc. 1/2 ou de 2 c.c.

Dans la thérapeutique des maladies infectieuses, les métaux colloïdaux agissent principalement comme corps de choc. Le pouvoir catalytique que Robin leur avait reconnu et qui leur avait valu le nom de ferments métalliques paraît bien problématique. De même, la nature chimique particulière de chaque métal parait intervenir pour une faible part dans l’activité bactéricide des métaux en état de dispersion micellaire.

Nolf va même plus loin et dénie aux métaux colloïdaux toute, valeur thérapeutique. Ce ne sont pas, dit-il, les grains fins d’or ou d’argent qui ont un pouvoir germicide, mais bien les corps organiques tels que gélatine, peptone, etc., qui sont ajoutés par les fabricants pour stabiliser les solutions. De sorte qu’en définitive, « lorsqu’on injecte le colloïde métallique, on fait le plus souvent une injection de peptone ou d’un produit similaire. »

{Presse Médicale du 24 février 1919.}

Les substances organiques les plus fréquemment utilisées pour provoquer le choc sont la peptone, les différents vaccins microbiens et accessoirement le sérum ce cheval. La plupart de ces substances contiennent en suspension des colloïdes organiques; mais il n’est pas démontré que ce sont uniquement ces colloïdes qui agissent comme corps de, choc.

Fin de citation

Donc, on comprend peut-être un peu plus, que les cas de décès évoqué par le Dr. Pierre Kahn, que j’ai rapportés dans l’article précédent, soient dus à d’autres substances que les colloïdes d’argent. Selon le wikipédia, le mot peptone désigne en général le produit d’une réaction d’hydrolyse de protéines. On comprend également mieux pourquoi les laboratoires CLIN fabriquaient le collargol ou l’Electrargol. Quelles étaient ces peptones ou protéines colloïdales mélangées ou agrégées aux colloïdes métalliques? Et surtout, quels était les effets secondaires encourus par le patient, après injection?

Il faut également savoir qu’à l’époque, c’était les débuts dans la découverte des colloïdes métaux et les techniques n’étaient pas aussi avancées pour obtenir des particules ou ions d’argent qu’aujourd’hui. Sans parler, comme évoque Dr. Becker, nous étions dans l’air de la chimie, les médecins et chercheurs dans la biologie étaient persuadés comme pour la plupart aujourd’hui qu’à toute maladie, un remède chimique unique. Pour aller plus loin sur la philosophie médicale de l’époque, lire la suite d’articles sur les vitalistes et mécanistes dans la rubrique de l’électromagnétisme.

Depuis les années 70, cette tendance à toujours chercher une solution chimique à tout est en train de basculer, hélas avec beaucoup d’inertie vers le côté vitaliste, c’est-à-dire, énergétique du domaine corporel de l’être humain.

*Titre : La Thérapeutique des maladies infectieuses par le choc, par le Dr Georges Drouet
Auteur : Drouet, Georges (docteur)
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k56018223
Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-TE18-975 (13)
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32045478q
Provenance : bnf.fr


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