AC : Partisans de l'Electrargol et ceux de Collargol (1914)

Dans cet article, je rapporte un extrait d’un texte tiré du Traité d’obstétrique, écrit par MM. A. Ribemont-Dessaignes,… et G. Lepage à la page 1400*. Ce texte montre que parmi les médecins et scientifiques, il y a ceux qui étaient plutôt Collargol (argent colloïdal fabriqué par réduction chimique), dont Netter (un des apôtres de l’argent colloïdal en France) et ceux qui se penchaient plus sur l’Electrargol (argent colloïdal fabriqué par voie électrique). Alors qui a raison et qui a tort? Un peu comme aujourd’hui, il y a ceux qui affirment que l’argent colloïdal (des particules d’argent) est supérieur à l’argent ionique (Ag+) et vice versa.

Que voulez vous que je vous dise? Nous ne sommes pas tous et toutes des robots réagissant de la même manière, j’imagine que pour certaines maladies et certains organismes, la solution obtenue par la méthode chimique serait plus efficace qu’une autre obtenue par la méthode électrique et vice versa, par contre ce qui est très intéressant, c’est de découvrir à travers ces textes, l’opposition entre mécanistes et vitalistes, décrite par Dr. Becker dans son livre « The cross currents » dont j’ai rapporté un certain nombre d’articles dans la rubrique de l’électromagnétisme.

De plus, si j’étais un des apôtres de l’argent colloïdal (je pense notamment à Netter) et ai investi du temps et de l’énergie longuement pour faire admettre, voire parfaire ma méthode chimique, j’aurai certainement du mal à admettre que plus tard un autre aurait trouvé une méthode peut-être meilleure. Je ne suis pas en train de juger M. Netter, mais j’émets l’hypothèse qu’en tant qu’humain, reconnaître que notre voie n’est pas forcément la meilleure, n’est pas chose simple, surtout si on y a consacré des efforts malgré l’opposition et on a réussi à imposer ou faire admettre notre point de vue comme valable et bénéfique.

Ce genre de concurrence déloyale ou loyale existe dans le milieu de la recherche pour avoir baigné un peu dedans. C’est très important et lucratif pour un laboratoire de présenter des articles avec les noms des auteurs. D’ailleurs, dans son livre « The Body Electric » Dr. Becker ne cesse d’en parler tout le long de son livre et dont j’ai écrit un petit extrait ici => Que penser de la recherche médicale ou scientifique?

Bon, revenons à l’extrait dont je vous ai parlé en début de cet article.

Je cite

(Page 1399)

L’argent colloïdal a été employé pour combattre les infections puerpérales, comme les autres infections. Pour obtenir une action réellement efficace, il est utile de recourir aux injections intraveineuses. Splindler a cependant obtenu des succès avec des lavements au collargol.

Bonnaire et Jeannin ont employé soit à titre préventif, soit à titre curatif, les injections intraveineuses de collargol.

L’injection intraveineuse de collargol produit une augmentation des polynucléaires. La solution de collargol généralement employée est à 1 gr. pour 100 gr. On injecte 6, 10 centigrammes et même 15 centigrammes, c’est-à-dire 6, 10, 15 grammes de la solution.

L’injection est en général suivie d’une élévation de température et même de quelques frissons. Cette réaction fébrile est d’ailleurs plutôt un bon signe qu’un mauvais.

(Page 1400)

Certains auteurs préfèrent se servir de l’électrargol, c’est-à-dire d’une préparation d’argent colloïdal obtenu par voie électrique. Netter, qui a contribué à la diffusion du traitement par les sels d’argent, ne reconnaît acune supériorité à l’électrargol sur le collargol; il pense même que le pouvoir bactéricide du collargol est supérieur.

Fin de citation

Il semblerait qu’à l’époque, l’injection intraveineuse ou intramusculaire étaient les méthodes d’administration du médicament les plus utilisées.

*Titre : Traité d’obstétrique, par MM. A. Ribemont-Dessaignes,… et G. Lepage,… 8e édition
Auteur : Ribemont-Dessaignes, Alban (1847-1940)
Auteur : Lepage, Gabriel (Dr)
Éditeur : Masson (Paris)
Date d’édition : 1914
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : Gr. in-8° , XII-1575 p., fig.
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5809529x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 4-TE121-205 (E)
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31207554v
Provenance : bnf.fr


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