AC : La baguette en argent (The Body Electric) N° 7

Dans cet article, je parle de la guérison de la jambe droite de John.

Je surveillai John avec anxiété au cours des deux premiers jours. Si un problème devait se produire comme je supposais, cela aurait du se produire les premiers jours. Le troisième jour, il mangeait bien, et le courant  électrique commençait à tomber, indiquant une plus grande résistance à la surface de la plaie. Je conclus qu’il était temps de changer le pansement. Nous avons été ravis de voir que l’argent ne s’était pas corrodé et la plaie était magnifique. Soigneusement j’ai pris un échantillon de la culture bactérienne et appliqué un nouveau pansement d’argent en nylon.

Le lendemain matin, Sharon Chapin, un technicien expérimental de laboratoire qui avait pris une part active dans nos recherches, m’a montré les cultures bactériennes. le nombre de bactéries avait chuté de façon spectaculaire. Je suis allé faire part de la bonne nouvelle à John et changer en même temps son pansement, j’ai réalisé que je pouvais lui apprendre à faire ses propres pansements quotidiens à cause de mon emploi de temps surchargé et du fait qu’il avait plein de temps disponible, d’autant plus qu’il devait être le plus intéressé à faire le meilleur des pansements pour sa jambe.

C’était génial de pouvoir apprendre à un trappeur de rats musqués, qui avait abandonné l’école à seize ans, comment faire des pansements médicaux à l’état expérimental. Il apprenait vite et au bout d’un jour, il apprit à changer lui-même les pansements et également mesurer le courant électrique. À la fin de la semaine, le travail qu’il avait accompli était bien meilleur que celui que j’aurais pu faire, puisque nos cultures bactériennes étaient stériles, les cinq types avaient été tués.

La guérison des tissus mous, appelés « tissu de granulation », se répandaient et couvraient l’os et au bout de deux semaines, toute la base de la plaie était recouverte, cette même base qui avait été plus de huit pouces carrés d’os primaires était couverte de ce tissu rose. La peau commençait à pousser tout autour, du coup nous n’avions pas besoin de procéder à une quelconque greffe, alors qu’au départ nous l’avions envisagé.

J’ai décidé de prendre une radiographie pour voir combien d’os il avait perdu, je pouvais à peine le croire. Il y avait clairement une certaine croissance des os! Nous avions travaillé par un trou dans le plâtre, alors je n’avais aucune idée si la fracture était encore en vrac ou pas. Sans en parler à John pour éviter de lui saper tout espoir dans le cas où j’avais tort, j’ai enlevé le plâtre, tâté la jambe, et constaté que les différents morceaux avaient une certaine adhérence. John regardait, et quand j’ai fini d’examiner sa jambe, il souleva sa jambe en l’air triomphalement. Sa jambe tenait toute droite contre la gravité. Il avait un sourire aussi large qu’une autoroute à huit voies. « Je pensais que vous avez dit l’os n’aurait pas encore poussé, Docteur! »

Je n’avais jamais autant apprécié avoir eu tort, mais j’ai averti John de ne pas trop s’exciter jusqu’à ce que nous soyons sûrs de ces bonnes nouvelles. J’ai replâtré sa jambe et poursuivi le traitement encore un mois, jusqu’à ce que la peau soit entièrement cicatrisée. D’ici là, les rayons X montraient suffisamment de réparation pour justifier qu’on lui mette un plâtre pour marcher. John quitta l’hôpital avec des béquilles et promit de ne pas courir dans les marais jusqu’à ce que je lui ai dit que tout allait bien. Il ne revint pas avant deux mois. De retour à l’hôpital, Le plâtre était en lambeaux, et il marchait sans béquilles en souriant à tout le monde. les derniers rayons X confirmaient que la guérison était presque complète, et John retourna dans ses bois.


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

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