AC : L'homme bleu qui ne prenait pas d'argent colloïdal, mais un composé d'argent

Un composé d’argent devient généralement du chlorure d’argent, dès qu’il pénètre l’estomach. Le chlorure d’argent est peu soluble. Le chlorure d’argent dissous se déplace dans la circulation sanguine et une fois exposé à des substances chimiques forment une paroi sur toutes les autres particules d’argent présentes.

Toutefois, si dans la solution de départ, seuls des composés d’argent, tels que le chlorure d’argent ou le nitrate d’argent sont présents. Le chlorure d’argent circulera dans le sang jusqu’à être exposé à la lumière grâce à la peau, où ils sont réduits à atomes d’argent comme pour la photographie. Il s’agit du processus photographique qui se produit lorsque vous prenez une photo (avec un appareil argentique).

Une fois que les atomes d’argent sont répartis dans la peau, le reste du chlorure d’argent va commencer à se combiner aux particules d’argent qui vont grossir très rapidement, certaines particules vont rester coincées dans la peau. Ainsi les particules apparaîtront comme des points noirs ou bleus, donnant à la peau une teinte bleuâtre. C’est ce qu’on appelle l’argyrie.

L’argyrie résulte de la prise de composés d’argent sans aucune composante colloïdale. L’application des composés d’argent (sous forme de crème) directement à la peau peut augmenter cet effet considérablement.

Cela a été démontré de façon spectaculaire par Paul Karason dont les médias ont surnommé «The Blue Man ». Bien que les médias ne cessent de dire qu’il prenait l’argent colloïdal, rien ne pouvait être aussi érroné. Des entretiens avec lui ont déterminé que non seulement il ne prenait pas d’argent colloïdal, mais suivait un procédé de fabrication qui au final conduit indiscutable à l’argyrisme.

Ce monsieur fabriquait de l’argent colloïdal chez lui et ajoutait du sel de mer dans son eau distillée (voir l’article Avec quoi peuvent se combiner les ions d’argent (Ag+) dans une solution d’argent colloïdal pour comprendre pourquoi il ne faut pas ajouter du sel). Ce qu’il fabriquait, était du chlorure d’argent, un composé d’argent bien connu pour provoquer argyrie, pas d’argent colloïdal. Il n’avait pas d’argent colloïdal du tout dans son breuvage ou quasimment pas.

Au lieu d’une solution transparente dans le cas d’argent ionique ou colloïdal, il y avait tellement de chlorure d’argent, que la solution ressemblait à du lait, voir les propriétés du chlorure d’argent. Il est probable qu’il avait une concentration proche de 100 ppm d’argent ou de chlorure d’argent, alors que 10 ppm est typique suffisant pour l’argent colloïdal. Ce monsieur n’appliquait pas forcément les règles de bonne pratique.

L’argyrie ne peut être constaté qu’en présence de niveaux élevés de sels d’argent (nitrate d’argent ou chlorure d’argent). En plus de cela il a appliqué la solution préparée (dans des conditions pas très orthodoxe) directement sur sa peau, rendant effectivement sa peau comme une plaque photographique. Pour avoir l’effet de l’argyrie visible, il suffit de s’adonner à des scéances de bronzage pour «fixer» l’argent dans sa peau définitivement. Du moins, pour ceux ou celles qui sont tentés par un teint bleu, vous avez certainement le mode d’emploi. Certains s’adonnent bien à teindre en bleu les cheveux et bien, il est possible de se teindre en bleu comme les schtroumpfes.

Rappelez-vous, les composés d’argent sont utilisés pour la fabrication du papier photographique, et non pour en avaler ou appliquer sur la peau et ce, de manière exagérée comme Paul Karason.

Traduit de l’anglais, source http://www.silver-colloids.com


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