AC : Le Collargol en obstétrique, par G. Keim (1908)

Pour rappel, le collargol était de l’argent colloïdal fabriqué par voie chimique et contenant des protéines organiques afin de faciliter la suspension colloïdale des particules d’argent.

Bien que ce produit comme d’ailleurs l’autre (Electrargol, obtenu par voie électrique) étaient tous deux de l’argent colloïdal contenant des protéines, il semble d’après les textes que l’argent gardait son pouvoir bactéricide. Ci-dessous, un extrait tiré de “Les Médications nouvelles en obstétrique, par G. Keim*” à la page 42.

Je cite :

LE COLLARGOL EN OBSTÉTRIQUE

C’est B. Crédé, chirugien à Dresde, qui fit connaître l’action de l’argent colloïdal. Il suivait dans l’application des  sels d’argent à la thérapeutique l’exemple de son père, l’accoucheur Crédé, qui le premier conseilla le nitrate d’argent en solution comme préventif de l’ophtalmie des nouveau-nés (méthode de Crédé).

Le pouvoir antiseptique de l’argent était d’ailleurs connu depuis longtemps : Raulin, Miller, Behring, Strauss, Follet l’avaient constaté. Son absence de toxicité et son grand pouvoir bactéricide incitaient à l’essayer comme antiseptique idéal; sous sa forme colloïdale, se trouvant en suspension sous forme de grains ultra-microscopiques dans un liquide, il était facile à injecter par voie intraveineuse.
C’est la seule voie qui, jusqu’à aujourd’hui, ait donné, comme nous le verrons, des résultats appréciables en obstétrique où il est nécessaire d’agir vite et sûrement. En ingestion ou par frictions (onguent de Crédé) ou encore en lavements (Chrobak, Kùstner), l’argent colloïdal n’est donc pas susceptible de produire des effets rapides, du moins dans les infections puerpérales généralisées. Cependant, on peut essayer les injections intramusculaires quand l’injection intraveineuse est trop difficile à pratiquer. Capitan(1) a eu ainsi des succès dans plusieurs faits d’infections diverses en injectant dans la fesse 2 à 4 centimètres cubes à la fois d’une solution de collargol à 2 p. 100.

Il n’a jamais observé d’accident. Le danger de non absorption du collargol par les tissus est, d’ailleurs, minime si on a soin d’employer le collargol électrique à petits grains (électrargol), obtenu par l’arc électrique (méthode de Brédig ou de V.Henri), au lieu du collargol ordinaire obtenu par réduction chimique et qui a des grains beaucoup plus gros.

Depuis la communication de M. Netter en 1902, le collargol a été l’objet de travaux nombreux. Employé depuis cette époque par M. Bonnaire (2), dans l’infection puerpérale septicémique, il a été étudié par de nombreux observateurs (Audebert, Porak, thèse de Fommervault, thèse de Legrand, etc.).

Pouvoir antiseptique du collargol. —D’après les expérimentateurs, l’action bactéricide du collargol est faible; son action empêchante est considérable; il arrête donc plutôt le développement des microbes qu’il ne les tue. Une solution à 1 p. 5000 (Cohn) ou à 1 p. 6000 (Brunner) suffit à s’opposer au développement du staphylocoque doré.

Follet avait déjà remarqué que lorsqu’il se servait de fil d’argent en place de fil de platine pour ensemencer un milieu de culture, le résultat était négatif. Strauss a constaté que les cultures de tuberculose, ne se développent pas dans des vases d’argent.

Le collargol comme antiseptique local. — Ce fut tout d’abord en applications locales que Crédé employa l’argent colloïdal dans le traitement des infections puerpérales. Il pensait, qu’introduit dans la cavité utérine en contact avec le foyer d’infection, le collargol pouvait avoir une action directe sur le développement de l’infection. Il suivait en cela les expériences de Schlossmann dans lesquelles cet auteur constate que des cultures peuvent être introduites sans danger dans le péritoine d’un lapin, si l’on y ajoute une petite quantité de collargol.

Le collargol dans la circulation générale. — Introduit dans la circulation générale, le collargol est porté dans tous les organes; il y séjourne, puis s’élimine ensuite dans les premiers jours par l’intestin; il ne peut donc devenir toxique par rétention. son effet n’est que passager; aussi est-il quelquefois nécessaire d’en introduire une nouvelle quantité dans l’organisme.

D’après ces diverses réactions, est-il possible de déduire le mode d’action du collargol introduit dans la circulation générale ? C’est un point auquel ne répondent encore que des hypothèses. Avec Wenchebach et après M. Netter, on peut supposer que le collargol favorise les processus de défense naturels ou encore modifie ou neutralise les toxines; indirectement, il empêcherait donc le développement des microbes et de leurs toxines.

Achard et Weil (3) ont étudié à nouveau les réactions du sang et des organes hématopoïétiques chez le lapin après l’injection intraveineuse de collargol; ils ont observé …

Les fonctions essentielles de défense de l’organisme sont exagérées par l’argent colloïdal.

Presque à la même époque, Charrin, Chirié et MonierVinard (4), en traitant par injections d’argent colloïdal à petits grains très fins des animaux infectés par le pneumocoque, le bacille pyocyanique, le bacille de Koch, sont arrivés aux conclusions suivantes : L’argent colloïdal donne de bons résultats parce qu’il est très bactéricide, beaucoup plus que les sels de mercure, par exemple.

Des doses correspondantes à 1/80000 d’argent arrêtent toute pullulation du pneumocoque ou du germe de pus bleu. En second lieu le collargol n’est pas sensiblement toxique.

(1) Soc. de Biologie, 26 janvier 1907.

(2) Voy. Presse Médicale, 21 novembre 1906.

(3) Soc. de Biologie, 26 janvier 1907.

(4) Soc. de Biologie, 19 janvier 1907.

d’abord en

Fin de citation.

*Titre : Les Médications nouvelles en obstétrique, par G. Keim,…
Auteur : Keim, Gustave (Dr)
Éditeur : J.-B. Baillière et fils (Paris)
Date d’édition : 1908
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : In-16, 84 p.
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k58064413
Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-TE123-1146
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30676284q
Provenance : bnf.fr


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

Cet article a été posté dans Documentation, Traitements avec les mots clés , , , , , , , , , , , . Marquez le lien.

Les commentaires sont fermés.